La conservation et la restauration des matériaux organiques

Par matériaux organiques, on entend généralement les matériaux issus du monde du vivant ; principalement des règnes animal (cuir, peau, plumes, os…) et végétal (feuilles, tiges, graines, bois…).

Le conservateur-restaurateur spécialisé dans leur traitement intervient principalement en histoire naturelle, sur les collections ethnographiques européennes et extra-européennes, et parfois en archéologie.

Culture Post-Mortem propose ses services pour la conservation et la restauration de tout artefact en matériaux organiques.

Exemples d’interventions courantes sur les matériaux organiques

Le nettoyage

La présence de dépôts exogènes en surface nuit à la compréhension des objets et peu servir de substrat au developement de micro-organismes. Adapté aux sensibilités des matériaux en présence, le nettoyage peu être mécanique (gommage, époussetage, etc.) ou bien chimique (eau, gels, et solvants organiques). Un soin particulier est pris pour ne pas retirer certaines traces historiques, comme les dépots rituels ou d’utilisation.

Avant / Après

Poupée type “Kachina”, milieu XXe, USA, Collection privée

  • Nettoyage de la polychromie par application d’un hydrogel rigide.

Masque Gitenga (détail), RDC, début du XXe siècle, Musée Rietberg

  • Extraction des dépots exogènes sur une plume par nettoyage au solvant.

La remise en forme

Mauvais stockage ou stockage à plat, altération de la matière avec le temps, accidents… La remise en forme des matériaux organiques souples (cuir, fibres végétales, etc.) permet de redonner à un objet des dimensions et formes plus proches de celles d’origine, ce qui en facilite l’étude, la compréhension et l’apréciation esthétique.

Artefact en peau (sac, poupée ?), début XXe, origine inconnue, Collection ProEthnographica

  • Remise en forme par création d’une forme interne partielle.

  • Nettoyage de la surface et allégement des dépots exogènes.

La stabilisation, le comblement, la réintégration

Déchirures, lacunes, pertes de matière, soulévements… Il est nécessaire de stabiliser les altérations affectant la structure d’un objet si l’on veut éviter une évolution des dégradations et la perte d’éléments constitutifs.

La stabilisation consiste à empêcher la perte de matière originelle en assurant la cohésion de l’ensemble. Elle se fait généralement à l’aide d’un matériau exogène : fils de soie, adhésifs etc. Sans necessairement inclure un comblement.

Le comblement structurel consiste à réintégrer une partie manquante de l’objet, dans le but de stabiliser la matière originelle encore présente. Il n’a pas toujours de vocation esthétique, mais associé à une réintégration colorée (retouche), il est plus discret et permet de redonner une unité visuelle à un artefact.

Masque Gitenga (détail), RDC, début du XXe siècle, Musée Rietberg

  • Stabilisation de la lacune par pose d’un papier japonais (washi kozo) non-acide, teinté.

Avant / Après

Collier (détails), Bamiléké, Cameroun, avant 1934, Musée du Quai Branly

  • Dépoussiérage et allègement des anciennes interventions.

  • Stabilisation et remise en place des perlières recouvrant le collier.

Après

Pendant

Documentation

Guimbarde en mâchoires d’oposum, Papouasie-Nouvelle-Guinée, fin XXe, Musée du Quai Branly

  • Restitution d’après documents d’archive de l’ordre des mâchoires désolidarisées suite à la rupture des cordelettes (3e photo).

  • Documentation de l’ordre des mâchoires retirées pour l’interventions (3e photo).

  • Consolidation complète des deux cordelettes par un fil de soie et points de feston (2e photo).

  • Jonction des extrémités et stabilisation des cordelettes après réinsertion des machoires (1e photo).

Face altérée : Avant/Après

Avant

Après

Face non altérée après

Ceinture en lanières de cuir et perles, Ethiopie, XIXe siècle, Musée du Quai Branly

  • Retrait des anciennes interventions (fils coton et fils de nylon), inesthétiques et posant des problèmes structuraux.

  • Réorganisation des perles qui n’étaient plus dans leur position d’origine en cohérence avec l’intégrité structurelle de l’objet et son motif.

  • Restitution en papier japonais (washi kozo) non-acide et teinté des lanières manquantes.

  • Stabilisation et comblement des déchirures du cuir, avec réintégration colorée.

  • Confection d’un support de conservation

Les restes humains patrimonialisés

Préparations anatomiques sèches et en fluide, individus issus de contextes archéologiques… Les restes humains patrimonialisés présentent des enjeux de conservation uniques, aussi bien du côté éthique et déontologique, que du côté matériel. L’intervention de conservation-restauration se doit d’être la plus minimale possible, afin de respecter l’intégrité et les données biologiques de chaque individu.

Je fais des questions entourant les restes humains patrimonialisés une de mes spécialités. Sensibilisé-e à ces problématiques lors d’une expérience professionnelle de 6 mois au musée d’anatomie Vrolik à Amsterdam, j’ai aussi eu l’occasion de donner un cours sur le sujet au étudiant-es de deuxième année de licence en conservation-restauration de l’université Panthéon-Sorbone, Paris 1.

Je m’engage à entretenir une réflexion et à traiter chaque individu avec respect, dignité et décence, en accord avec l’article 16-1 du code civile, et les valeurs des communautés sources lorsqu’elles sont connues.

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N’hésitez pas à me contacter, estimations sur photos et aller-voirs gratuits en région parisienne.